IV) de SAINT-GELAIS de
LUSIGNAN Pierre,
seigneur de Montlieu et de Saint-Aulaye, épousa en 1455 Philiberte
de Fontenay, qui lui donna pour enfants :
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1) Jean,
marquis de Montlieu
Il épousa en 1481 avec Marguerite de Durfort. Il
est l'auteur d'une chronique, ou Histoire de France, depuis 1270 jusqu'en
1510, publiée par Théodore Godefroy (Paris, 1622, in 4°)
. On trouve aussi une partie insérée dans l'Histoire de Charles
VIII, donnée par le même Godefroy (Paris, 1617, in 4°).
Il semble avoir vécu au château de Cognac, à la cour
du père de François Ier, Charles de Valois, comte d'Angoulême.
Il eut pour enfants :
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a) une
fille.
b) peut-être bien, Mellin,
ou Merlin, (qui
passe ordinairement pour le fils naturel de l'évêque Ocatavien).
Il naquit à Angoulême
en 1491.
Rien ne fut négligé pour procurer à Mellin, une éducation
soignée et une connaissance assez profonde de l'antiquité.
A l'âge de 26 ans, Il fut envoyé à Poitiers, et ensuite
dans les universités de Bologne et de Padoue, pour y étudier
la jurisprudence. Mais rebuté par la confusion et l'obscurité qui
rêgnait alors dans le droit, il retourna bien vite à ses goûts
pour la poésie, qu'il avait cultivé dès sa première
jeunesse.
Son séjour et ses voyages en Italie, lui valurent plus tard l'introduction
du sonnet, qu'il importa en France pour plaire à Catherine de Médicis.
On attribue souvent cet honneur à Pontus de Thyard et à du
Bellay, mais ce dernier reconnaissait lui-même que Saint-Gelais fut
le premier des poêtes français qui en ait composé.
Mellin embrassa l'état écclésiastique. Si ses moeurs
ne furent pas aussi déréglées que l'évêque
Octavien, ses oeuvres donnent à penser qu'il menait la joyeuse vie
d'un abbé coquet et galant, et l'on a lieu de croire que sa "nièce" Diane,
pour laquelle il a fait des vers, était sa propre fille.
François Ier, auprès de qui la poésie était
une puissante recommandation, donna à Mellin l'abbaye de Reclus,
dans le diocèse de Troyes, et le fit aumônier de son fils.
Il fut aussi abbé de la Frenade.
Le nouveau roi, Henri II, lui conserva le titre d'aumônier, et le
nomma son bibliothécaire. Il avait été chargé dès
1544, de faire transporter à Fontainebleau les livres de l'ancienne
bibliothèque de Blois.
Il termina ses jours à Paris, au mois d'octobre 1558, âgé de
67 ans. Il fut inhumé dans l'église de Saint-Thomas du Louvre. |
2) Martin,
seigneur de Saint-Séverin, Ier maître d'hôtel de Louis
XII et de François Ier. Il épousa Madeleine de Beaumont.
Ils eurent pour enfants :
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a) François,
qui n'eut qu'une fille de Charlotte de Champaigne.
b) Jean,
qui fut évêque d'Uzès, après son oncle
Jacques, en 1531. Il fut accusé de protestantisme, et soupçonné de
s'être marié dès 1543. Après avoir été dépossédé de
son évêché, et excommunié le 19 juillet
1566, il mourut le 13 mars 1574, dans son abbaye de Saint-Maixent
l'Hort, que son oncle lui avait résigné en 1528.
c) François,
sieur de Brillebant, aumônier du roi. Il fut élu
aussitôt après la mort de son oncle Jacques, comme
doyen de la cathédrale d'Angoulême, et paraîssait
comme abbé de Saint-Vincent de Bourg, et curé de
Saville (?), aux date d'avril 1544, du 12 novembre 1546, et
du 31 mai 1553, dans différents hommages.
Il fut député à l'assemblée des
notables tenues à Paris en janvier 1557.
Il fut condamné à mort en 1562, par le duc de Monpensier,
(François de Bourbon), pour avoir embrassé le parti des réformés,
et pour avoir, dit-on, découvert aux protestants le lieu où l'on
avait caché le trésor et les vases d'or et d'argent de l'église
de Saint-Pierre d'Angoulême. Il
disparaît donc peu de temps après les évênements
de 1562, puis réapparaît en 1569, comme député par
la chapitre, aux Etats Généraux qui s'ouvrirent à Paris
le 13 décembre 1569.
Il résigna définitement le doyenné en 1569. Cependant,
en 1570, il nomme, sans doute agissant au nom de son successeur, un curé de
Saint-Martin. Il mourut peu après.
d) Louis,
chevalier du collier. Il fut ambassadeur près du concile
de Trente. Il eut pour fils :
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d1) Urbain. Il
paraît le 2 août 1566 comme doyen de la cathédrale
d'Angoulême, sans doute comme suppléant de François,
son oncle. Il fut insinué sous ce bénéfice
dès le 13 septembre 1555, en vertu d'un mandat apostolique
obtenu de Paul IV.
Il figura dans la vérification des comptes du chapitre de
1567-1568. Il fut cependant suppléé par son prédécesseur
dans ceux de 1569-1570.
En mai 1571, le chapitre saisi son temporel au profit de la fabrique,
pour absence prolongée. Il venait d'être fait évêque
de Comminges.
Il résigna le doyenné à la fin de 1571, à Pierre
Jamyn, qui lui avait rendu des services dans son nouveau diocèse,
et mourut en 1613, ou peu après. |
e) Jacquette,
alias Jacqueline. Elle épousa le 21 janvier 1542, par contrat
passé devant Vincent de Romefort, notaire à Civray,
Jean Jay, chevalier, seigneur de Boisseguin.
Ils eurent une fille unique, Louise, qui épousa d'abord, en 1563,
en l'abbaye de Saint-Maixent, Georges de Villequier, vicomte de la Guierche,
(Son oncle Jean, lui donna en jouissance la maison de campagne de l'abbaye
de Saint-Maixent, à Lort-Poitiers). Elle épousa ensuite en
1592, Jacques de Péruse, comte des Cars et de Beaufort. Elle mourut
avant le 27 juillet 1608. |
3) Jacques,
né en 1454, et décédé en 1539. Il fut nommé évêque
d'Uzès. dès 1483. Il ne parvint cependant à ce siège
qu'en 1503. Pendant ce temps, il avait été élu doyen
de la cathédrale d'Angoulême. En 1513, il fut fait abbé de
Saint-Maixent l'Hort.
Il reçut l'aveu et le dénombrement de Gabriel Dexmier, seigneur
de la Cour en Moulidars, en 1518, pour les terres de sa seigneurie exemptes de
dimes, selon la teneur d'un acte du 30 avril 1438. Le doyen en fit l'acceptation
le 7 novembre de la même année, et reconnut de nouveau les droits
de la famille Dexmier dans l'église de Moulidars.
Avec la qualité de doyen, il reçut l'hommage de François
de La Rochefoucauld, pour la raison des droits qu'il avait à Genac. Il
fut poursuivi, le 24 avril 1512, pour l'hommage qu'il devait à son tour à l'évêque
d'Angoulême
Il fit bâtir, vers l'an 1515, le doyenné, ainsi que la chapelle
destinée à contenir le tombeau de son frère Octavien.
Il résigna à son neveu Jean, l'abbaye de Saint-Maixent en 1528,
et son évêché en 1531. En 1533, il exécuta le testament
du 18 juillet 1532 de son frère Charles, mort chanoine d'Angoulême
et archidiacre de Luçon, et assura une rente de 200 #, à la chapelle
de Notre-Dame du Salut, dite ensuite d'Uzès, qu'il avait fondé avec
Charles ensemble dans la cathédrale, et où était inhumé leur
frère, l'évêque Octavien. (Cette rente fut réduite à 168
# 15 S, amortie en 1578 par Alain de Cernes, débiteur, puis réduite à nouveau à 150
#).
Il était encore doyen en 1539, date de son décès. Son testament
portait la date du 22 février 1534. Ses restes durent être déposés,
avec ceux de l'évêque d'Angoulême.
4) Octavien.
Il naquit à Cognac, vers 1466.
Il fut destiné dès son plus jeune âge à l'état écclésiatique,
et c'est dans ce but qu'il étudia la philosophie au collège de
Sainte-Barbe, et la théologie aux écoles de Sorbonne et de Navarre.
Mais les privations et l'austérité de l'église ne pouvaient
guère se concilier avec son esprit et son imagination féconde,
ainsi qu'avec ses moeurs plus que légères.
Aussi les villes et les châteaux de l'Angoumois avaient-ils été les
premiers témoins secrets de quelques unes de ses intrigues amoureuses,
lorsque ses talents et sa naissance lui ayant donné accès à la
cour de Charles VIII, il s'abandonna tout entier et ouvertement à ses
goûts pour la poésie, et surtout pour la vieille galanterie, "mot
de cour", qui ne peut se traduire honnêtement.
Une maladie dangereuse fut le résultat de cette vie déréglée,
et dès ce moment, ses forces furent tellement épuisées,
qu'il se représente lui-même comme un vieillard triste et chargé de
toutes les incommodités de l'âge.
Octavien convint aussi, dans "le séjour d'honneur", dernier
des ouvrages qu'il présenta au roi Charles VIII, en 1490, qu'il avait
une vieillesse anticipée et les infirmités, suite d'une jeunesse
trop ardente pour les plaisirs. Il parait qu'il s'en repentait, et c'est même
là, le but de son ouvrage qui est un songe allégorique, dans l'ancien
goût du "Roman de la Rose".
Octavien eut la bonne idée de renforcer ces excellentes résolutions,
d'une ballade en l'honneur de Charles VIII, et en récompense, ce prince
qu'il accompagna dans son expédition en Italie, sans doute en qualité d'aumônier,
le fit nommer en 1494 à l'évêché d'Angoulême,
par le pape Alexandre VI, à qui le chapitre de la cathédrale avait
remis son droit de nomination.
Il fut sacré à Lyon, à la fin de 1495, ou peut-être
l'année suivante, en présence du roi et de plusieurs seigneurs;
et le 17 août 1497, il fit son entrée solennelle à Angoulême,
où il fut reçu en grande pompe par Louise de Savoie, suivie de
son jeune fils, âgé de 3 ans (François Ier), et par tout
le clergé et la noblesse du pays.
Une fois assis sur le siège, Octavien devint un évêque aussi
distingué par ses hautes vertus que par son éminent savoir.
Un des premiers soins du nouveau pontife fut de restaurer et d'enrichir sa vieille
basilique romane, et d'augmenter son palais épiscopal. C'est à lui
probablement qu'est due l'aile gauche de ce dernier monument, dont le pignon élevé,
est surmonté d'une statue grotesque de singe. ( Jeu de mot sur le nom
de Saint-Gelais = Singe Lais).
Depuis son installation jusqu'à sa mort, Octavien n'abandonna son diocèse
que pour remplir un devoir pieux, envers Charles VIII, son bienfaiteur; car ce
prince étant mort au château d'Amboise, au mois d'avril 1498, Saint-Gelais
figura parmi les prélats nommés pour accompagner le corps du monarque à Saint-Denis,
et composa à sa mémoire une complainte et une épitaphe qui
se trouvent insérées dans "le Vergier d'Honneur".
Entièrement revenu des égarements de sa jeunesse, Octavien ne partageait
plus son temps qu'entre la lecture des livres sacrés et l'administration
paternelle de son église, lorsque sous la mairie d'Elie du Tillet, il éclata à Angoulême
une violente épidémie, qui força une partie des habitants à se
réfugier à la campagne. Ocatvien se retira à Vars, dans
une maison de plaisance que les évêques ont possédées
plusieurs siècles jusqu'à la Révolution de 1789. Ce fut
là, sur la fin de novembre, ou le commencement de décembre 1502,
que mourut l'illustre prélat, jeune encore, âgé de 36 ans,
et flétri par les restes d'une contagion autre que celle qui rêgnait
alors, à savoir la peste, à Angoulême.
Son corps fut transporté à Angoulême, où les funérailles
se firent avec une grande magnificence. Il fut inhumé dans la chapelle,
dite de Notre-Dame du Salut, ou de Saint-Gelais, que son frère Jacques
fit construire pour lui. Elle paraît n'avoir été terminée
qu'en 1533. Elle fut écrasée sous les débris du grand clocher,
incendié et ruiné par les protestants en 1568.
5) Charles. Il naquit en 1461 et décéda
en 1533.
Il fut chanoine d'Angoulême et archidiacre d'Azenay (Luçon). Il
fonda en 1516 l'hôpital des pestiférés de Saint-Roch, à Angoulême.
(L'inscription qu'on lit au dessus de la porte de la chapelle, et qui attribue
la fondation de cet hôpital à Elie Levêquot, sieur des Doucets,
maire d'Angoulême en 1536 et 1537, ne peut se rapporter qu'aux réparations
qu'il y fit faire, mais nullement à sa première construction. En
vertu de son testament du 18 juillet 1532, Charles de Saint-Gelais légua à cet
hospice une rente de 12 pipes de froment.)
Il a publié un livre fort recherché des bibliophiles, et intitulé : "Les
magnifiques, excellentes et triomphantes chroniques de Judas Machabeus et de
ses frères, translatées de latin en françois". (Paris,
1514, in-fol; 1518, in-fol; et 1556, in-8°).
Il fut lui aussi inhumé, on ne sait à quelle époque, dans
la chapelle Saint-Gelais, vis à vis de ses frères Jacques et Octavien.
6) Alexandre, qui suit : |
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