De SAINT-GELAIS
blason initial de la famille de Saint-Gelais
blason de la famille Saint-Gelais
D'azur à une croix alésée d'argent.
Ecartelé, aux 1 et 4 d'azur à une croix d'argent, aux 2 et 3 d'argent à un lion de gueules.
( Ce blason était reproduit 6 fois dans la chapelle Saint-Gelais - ancien évêché d'Angoulême)
blason de la famille de Saint-Gelais
blason de la famille de Saint-Gelais-Lusignan, Montchaude
blason de la famille de Saint-Gelais Lusignan, Monchaude
Ecartelé, au 1 et 4 d'azur à une croix d'argent, au 2 et 3 d'azur à deux fasces d'argent.
(branche de Montchaude)
Ecartelé, au 1 et 4 d'azur à une croix alésée d'argent, qui est Saint-Gelais, au 2 burelé d'argent et d'azur de dix pièces, qui est Lusignan, au 3 burelé de même, au lion de gueules couronné et lampassé d'or.
Ecartelé au 1 et 4 d'azur à la croix alésée d'argent, au 2 et 3 burelé d'argent et d'azur; sur le tout, au lion de gueules, lampassé, armé et couronné d'or.
Cette ancienne maison (qui pensait être issue des comtes de Lusignan), dont elle adopta le nom et les armes au XVIème siècle, a établi sa filiation depuis :

- de SAINT-GELAIS Hugues, chevalier, dont on trouve la trace en 1180.
Cependant cette filiation ne semble prouvée que depuis :

I) de SAINT-GELAIS Charles, qui épousa en 1340, Marguerite de Maigny. (aliàs de Magné).

II) de SAINT-GELAIS Charles épousa Anne de Viron.

III) de SAINT-GELAIS Charles, né vers 1375, et décédé avant 1438.
Il fut seigneur de Saint-Gelais, et de Saint-Jean d'Angle, du chef de sa femme.

(*) Il épousa en 1406 Yolande Bouchard d'Aubeterre, dame de Saint-Jean d'Angle, fille de Guy II, seigneur de Saint-Martin de la Coudre, de Pauléon, d'Ozillac et d'Aubeterre; et de Jeanne Chenin.
Ils eurent pour enfants, entre autres :
  1) Jean, qui fera la branche de Saint-Jean d'Angle.
2) Mérigot, qui fera la branche de Seligny et de Montchaude.
3) Pierre, qui fera la branche de Montlieu et de Saint-Aulaye.
4) Emeric, qui suit.

IV) de SAINT-GELAIS Emeric partagea avec Pierre, son frère, le 8 septembre 1438, les successions de leur père, aïeul et bisaïeul. Il épousa Jeanne de Viron. (?)

V) de SAINT-GELAIS Jean partagea avec Jacques, son frère, les successions de leurs père et mère. Il épousa Jeanne de Chabot.

VI) de SAINT-GELAIS Léon épousa Marie de Derse, le 21 janvier 1479, dont il eut :
  1) Charles, qui suit.
2) Mathurin.
3) Marie.
Ces deux derniers firent, au mois de juillet 1536, une transaction avec René, fils aîné de Charles, leur frère. Cette transaction contenait les partages nobles de la succession de Léon.

VII) de SAINT-GELAIS Charles épousa, le 6 février 1514, Jeanne de Betz.

VIII) de SAINT-GELAIS René épousa Fleurance Villon. Il eut peut-être :
  1) Jean, qui épousa Jacquette Bouchard d'Aubeterre, le Ier avril 1576.
2) Jacques, qui suit.

IX de SAINT-GELAIS Jacques, seigneur de Montchaude, époux d'Esther Régnier.

X) de SAINT-GELAIS Charles, seigneur de Montchaude et de Breuillac, mari de Yolande Bouchard d'Aubeterre, en 1611, puis le 16 avril 1614 de Marie de Montalembert de Vaux, et enfin par contrat du 16 février 1620, de Renée Rognon, veuve de Gédéon Méhée. Il meurt en 1625. Sa femme est dite dame de Montchaude jusqu'à sa mort survenue en 1637.
Il fit son testament, par lequel il institue héritier François, son fils, le 15 avril 1625.

XI) de SAINT-GELAIS François, seigneur de Montchaude, épousa le 29 mai 1638 Anne Labbé. Il fit son testament en 1661, et mourut en 1676.
Ils avaient eu pour enfants, au moins :
  1) Jeanne, qui épousa Auguste Poussard, chevalier, marquis d'Anguitard.

XII) de SAINT-GELAIS Jean, fut marié en 1671, par le ministre de Barbezieux, Jouaneau, au château du Chastelard, avec Henriette de La Rochefoucauld, fille du feu seigneur de Roissac. Il rendit hommage en 1697 de sa seigneurie de Montchaude, à Camille Le Tellier de Louvois. A sa mort, la terre revint à ses deux filles :
  1) Henriette de Saint-Gelais, née en 1678, qui épousa en 1710 Armand Gourdon de Genouillac, comte de Vaillac.
2) Marthe-Henriette, née en 1680, qui épousa en 1712 Emmanuel de Cravant, marquis de Cingé, et mourut en 1724.

Branche de Saint-Jean d'Angle :
IV) de SAINT-GELAIS Jean, seigneur de Saint-Gelais et de Saint-Jean d'Angle.
(*) Il naquit avant 1406. Il épousa Isabeau Rouault, fille de Jean, chambellan du roi, seigneur de Boisménard, et de Jeanne du Bellay.
Ils eurent au moins, pour enfant :
  (*) 1) Marie, née vers 1427, qui épousa en 1442, Aymar de Chabanais.
Et pour arrière-petit-fils :
- de SAINT-GELAIS Louis, chevalier, seigneur de Cherveux.
(*1) Il fut amiral de la flotte protestante, et un des principaux chefs protestants de la région. Il s'empara de Niort, et fut chargé du commandement de la province du Poitou. Henri IV le nomma plus tard lieutenant-général. Il fit de Cherveux une redoutable place forte. (Elle fut cependant prise en 1569).
Il fut également maréchal de camp, et Enfant d'Honneur des fils de Henri II. Ce fut lui qui, le premier, ajouta à son nom celui de Lusignan.
Il épousa Jeanne du Puy.
Ils eurent pour enfants, au moins :
  1) Charlotte, qui épousa Philippe de La Fin (alias de Lafin), chevalier, seigneur de la Nocle, Salins, Bellefoye.
Est-ce elle qui fit restaurer le château de Saint-Jean d'Angle en 1623, et qui fit à cette occasion remplacer le pont-levis par un pont en pierre, ouvrir de vastes fenêtres , et planter un jardin à la française ?
2) Josué, dit de SAINT-GELAIS de LUSIGNAN, seigneur de Cherveux, conseiller d'Etat.
(*1) En 1620, il fit don à l'église réformée, d'un jardin pour y édifier un temple.
Il épousa le 28 mars 1610 Anne Poussard. (Elle avait épousé en premières noces le 26 mars 1605, Charles de La Forest, seigneur de Vaudoré). Ils eurent :
  a) Charles, titré marquis de Saint-Gelais, seigneur de Cherveux.
(*1)Il se convertit au catholicisme, et fit interdire le culte protestant à Cherveux.
Il eut à son tour pour fils :
  a1) Charles, maréchal de camp, qui mourut sans postérité en 1689.

Branche de Seligny et de Montchaude :
IV) de SAINT-GELAIS Mérigot, auteur de la branche des seigneurs de Seligny (Seligné), et de Montchaude. Cette branche fut titrée marquis de Saint-Gelais-Lusignan, et maintenue noble au XVIIème siècle. Elle s'eteignit dans la personne de

- de SAINT-GELAIS Jean, dit le marquis de Saint-Gelais-Lusignan, qui ne laissa qu'une fille de son mariage avec Henriette de La Rochefoucauld.

Noms isolés de cette branche : (Beauchet et Filleau)
- de SAINT-GELAIS LUSIGNAN François, chevalier, seigneur de Montchaude.
Il épousa Anne Labbé, et eut pour enfant, au moins :
  1) Jeanne, qui épousa Auguste Poussard, chevalier, marquis d'Anguitard.
Ils eurent pour enfants, entre autres :
  - Françoise-Angélique, qui épousa en premières noces, Jean de SAINT-GELAIS, et en secondes noces, le 8 février 1695, Pierre de Montalembert, lieutenant de vaisseau.

Branche de Montlieu et de Saint-Aulaye :
IV) de SAINT-GELAIS de LUSIGNAN Pierre, seigneur de Montlieu et de Saint-Aulaye, épousa en 1455 Philiberte de Fontenay, qui lui donna pour enfants :
  1) Jean, marquis de Montlieu
Il épousa en 1481 avec Marguerite de Durfort.
Il est l'auteur d'une chronique, ou Histoire de France, depuis 1270 jusqu'en 1510, publiée par Théodore Godefroy (Paris, 1622, in 4°) . On trouve aussi une partie insérée dans l'Histoire de Charles VIII, donnée par le même Godefroy (Paris, 1617, in 4°). Il semble avoir vécu au château de Cognac, à la cour du père de François Ier, Charles de Valois, comte d'Angoulême. Il eut pour enfants :
  a) une fille.
b) peut-être bien, Mellin, ou Merlin,
(qui passe ordinairement pour le fils naturel de l'évêque Ocatavien). Il naquit à Angoulême en 1491.
Rien ne fut négligé pour procurer à Mellin, une éducation soignée et une connaissance assez profonde de l'antiquité.
A l'âge de 26 ans, Il fut envoyé à Poitiers, et ensuite dans les universités de Bologne et de Padoue, pour y étudier la jurisprudence. Mais rebuté par la confusion et l'obscurité qui rêgnait alors dans le droit, il retourna bien vite à ses goûts pour la poésie, qu'il avait cultivé dès sa première jeunesse.
Son séjour et ses voyages en Italie, lui valurent plus tard l'introduction du sonnet, qu'il importa en France pour plaire à Catherine de Médicis. On attribue souvent cet honneur à Pontus de Thyard et à du Bellay, mais ce dernier reconnaissait lui-même que Saint-Gelais fut le premier des poêtes français qui en ait composé.
Mellin embrassa l'état écclésiastique. Si ses moeurs ne furent pas aussi déréglées que l'évêque Octavien, ses oeuvres donnent à penser qu'il menait la joyeuse vie d'un abbé coquet et galant, et l'on a lieu de croire que sa "nièce" Diane, pour laquelle il a fait des vers, était sa propre fille.
François Ier, auprès de qui la poésie était une puissante recommandation, donna à Mellin l'abbaye de Reclus, dans le diocèse de Troyes, et le fit aumônier de son fils. Il fut aussi abbé de la Frenade.
Le nouveau roi, Henri II, lui conserva le titre d'aumônier, et le nomma son bibliothécaire. Il avait été chargé dès 1544, de faire transporter à Fontainebleau les livres de l'ancienne bibliothèque de Blois.
Il termina ses jours à Paris, au mois d'octobre 1558, âgé de 67 ans. Il fut inhumé dans l'église de Saint-Thomas du Louvre.
2) Martin, seigneur de Saint-Séverin, Ier maître d'hôtel de Louis XII et de François Ier. Il épousa Madeleine de Beaumont. Ils eurent pour enfants :
  a) François, qui n'eut qu'une fille de Charlotte de Champaigne.
b) Jean, qui fut évêque d'Uzès, après son oncle Jacques, en 1531. Il fut accusé de protestantisme, et soupçonné de s'être marié dès 1543. Après avoir été dépossédé de son évêché, et excommunié le 19 juillet 1566, il mourut le 13 mars 1574, dans son abbaye de Saint-Maixent l'Hort, que son oncle lui avait résigné en 1528.
c) François, sieur de Brillebant, aumônier du roi. Il fut élu aussitôt après la mort de son oncle Jacques, comme doyen de la cathédrale d'Angoulême, et paraîssait comme abbé de Saint-Vincent de Bourg, et curé de Saville (?), aux date d'avril 1544, du 12 novembre 1546, et du 31 mai 1553, dans différents hommages.
Il fut député à l'assemblée des notables tenues à Paris en janvier 1557.
Il fut condamné à mort en 1562, par le duc de Monpensier, (François de Bourbon), pour avoir embrassé le parti des réformés, et pour avoir, dit-on, découvert aux protestants le lieu où l'on avait caché le trésor et les vases d'or et d'argent de l'église de Saint-Pierre d'Angoulême.
Il disparaît donc peu de temps après les évênements de 1562, puis réapparaît en 1569, comme député par la chapitre, aux Etats Généraux qui s'ouvrirent à Paris le 13 décembre 1569.
Il résigna définitement le doyenné en 1569. Cependant, en 1570, il nomme, sans doute agissant au nom de son successeur, un curé de Saint-Martin. Il mourut peu après.

d) Louis, chevalier du collier. Il fut ambassadeur près du concile de Trente. Il eut pour fils :
  d1) Urbain. Il paraît le 2 août 1566 comme doyen de la cathédrale d'Angoulême, sans doute comme suppléant de François, son oncle. Il fut insinué sous ce bénéfice dès le 13 septembre 1555, en vertu d'un mandat apostolique obtenu de Paul IV.
Il figura dans la vérification des comptes du chapitre de 1567-1568. Il fut cependant suppléé par son prédécesseur dans ceux de 1569-1570.
En mai 1571, le chapitre saisi son temporel au profit de la fabrique, pour absence prolongée. Il venait d'être fait évêque de Comminges.
Il résigna le doyenné à la fin de 1571, à Pierre Jamyn, qui lui avait rendu des services dans son nouveau diocèse, et mourut en 1613, ou peu après.
e) Jacquette, alias Jacqueline. Elle épousa le 21 janvier 1542, par contrat passé devant Vincent de Romefort, notaire à Civray, Jean Jay, chevalier, seigneur de Boisseguin.
Ils eurent une fille unique, Louise, qui épousa d'abord, en 1563, en l'abbaye de Saint-Maixent, Georges de Villequier, vicomte de la Guierche, (Son oncle Jean, lui donna en jouissance la maison de campagne de l'abbaye de Saint-Maixent, à Lort-Poitiers). Elle épousa ensuite en 1592, Jacques de Péruse, comte des Cars et de Beaufort. Elle mourut avant le 27 juillet 1608.
3) Jacques, né en 1454, et décédé en 1539. Il fut nommé évêque d'Uzès. dès 1483. Il ne parvint cependant à ce siège qu'en 1503. Pendant ce temps, il avait été élu doyen de la cathédrale d'Angoulême. En 1513, il fut fait abbé de Saint-Maixent l'Hort.
Il reçut l'aveu et le dénombrement de Gabriel Dexmier, seigneur de la Cour en Moulidars, en 1518, pour les terres de sa seigneurie exemptes de dimes, selon la teneur d'un acte du 30 avril 1438. Le doyen en fit l'acceptation le 7 novembre de la même année, et reconnut de nouveau les droits de la famille Dexmier dans l'église de Moulidars.
Avec la qualité de doyen, il reçut l'hommage de François de La Rochefoucauld, pour la raison des droits qu'il avait à Genac. Il fut poursuivi, le 24 avril 1512, pour l'hommage qu'il devait à son tour à l'évêque d'Angoulême
Il fit bâtir, vers l'an 1515, le doyenné, ainsi que la chapelle destinée à contenir le tombeau de son frère Octavien.
Il résigna à son neveu Jean, l'abbaye de Saint-Maixent en 1528, et son évêché en 1531. En 1533, il exécuta le testament du 18 juillet 1532 de son frère Charles, mort chanoine d'Angoulême et archidiacre de Luçon, et assura une rente de 200 #, à la chapelle de Notre-Dame du Salut, dite ensuite d'Uzès, qu'il avait fondé avec Charles ensemble dans la cathédrale, et où était inhumé leur frère, l'évêque Octavien. (Cette rente fut réduite à 168 # 15 S, amortie en 1578 par Alain de Cernes, débiteur, puis réduite à nouveau à 150 #).
Il était encore doyen en 1539, date de son décès. Son testament portait la date du 22 février 1534. Ses restes durent être déposés, avec ceux de l'évêque d'Angoulême.
4) Octavien. Il naquit à Cognac, vers 1466.
Il fut destiné dès son plus jeune âge à l'état écclésiatique, et c'est dans ce but qu'il étudia la philosophie au collège de Sainte-Barbe, et la théologie aux écoles de Sorbonne et de Navarre. Mais les privations et l'austérité de l'église ne pouvaient guère se concilier avec son esprit et son imagination féconde, ainsi qu'avec ses moeurs plus que légères.
Aussi les villes et les châteaux de l'Angoumois avaient-ils été les premiers témoins secrets de quelques unes de ses intrigues amoureuses, lorsque ses talents et sa naissance lui ayant donné accès à la cour de Charles VIII, il s'abandonna tout entier et ouvertement à ses goûts pour la poésie, et surtout pour la vieille galanterie, "mot de cour", qui ne peut se traduire honnêtement.
Une maladie dangereuse fut le résultat de cette vie déréglée, et dès ce moment, ses forces furent tellement épuisées, qu'il se représente lui-même comme un vieillard triste et chargé de toutes les incommodités de l'âge.
Octavien convint aussi, dans "le séjour d'honneur", dernier des ouvrages qu'il présenta au roi Charles VIII, en 1490, qu'il avait une vieillesse anticipée et les infirmités, suite d'une jeunesse trop ardente pour les plaisirs. Il parait qu'il s'en repentait, et c'est même là, le but de son ouvrage qui est un songe allégorique, dans l'ancien goût du "Roman de la Rose".
Octavien eut la bonne idée de renforcer ces excellentes résolutions, d'une ballade en l'honneur de Charles VIII, et en récompense, ce prince qu'il accompagna dans son expédition en Italie, sans doute en qualité d'aumônier, le fit nommer en 1494 à l'évêché d'Angoulême, par le pape Alexandre VI, à qui le chapitre de la cathédrale avait remis son droit de nomination.
Il fut sacré à Lyon, à la fin de 1495, ou peut-être l'année suivante, en présence du roi et de plusieurs seigneurs; et le 17 août 1497, il fit son entrée solennelle à Angoulême, où il fut reçu en grande pompe par Louise de Savoie, suivie de son jeune fils, âgé de 3 ans (François Ier), et par tout le clergé et la noblesse du pays.
Une fois assis sur le siège, Octavien devint un évêque aussi distingué par ses hautes vertus que par son éminent savoir.
Un des premiers soins du nouveau pontife fut de restaurer et d'enrichir sa vieille basilique romane, et d'augmenter son palais épiscopal. C'est à lui probablement qu'est due l'aile gauche de ce dernier monument, dont le pignon élevé, est surmonté d'une statue grotesque de singe. ( Jeu de mot sur le nom de Saint-Gelais = Singe Lais).
Depuis son installation jusqu'à sa mort, Octavien n'abandonna son diocèse que pour remplir un devoir pieux, envers Charles VIII, son bienfaiteur; car ce prince étant mort au château d'Amboise, au mois d'avril 1498, Saint-Gelais figura parmi les prélats nommés pour accompagner le corps du monarque à Saint-Denis, et composa à sa mémoire une complainte et une épitaphe qui se trouvent insérées dans "le Vergier d'Honneur".
Entièrement revenu des égarements de sa jeunesse, Octavien ne partageait plus son temps qu'entre la lecture des livres sacrés et l'administration paternelle de son église, lorsque sous la mairie d'Elie du Tillet, il éclata à Angoulême une violente épidémie, qui força une partie des habitants à se réfugier à la campagne. Ocatvien se retira à Vars, dans une maison de plaisance que les évêques ont possédées plusieurs siècles jusqu'à la Révolution de 1789. Ce fut là, sur la fin de novembre, ou le commencement de décembre 1502, que mourut l'illustre prélat, jeune encore, âgé de 36 ans, et flétri par les restes d'une contagion autre que celle qui rêgnait alors, à savoir la peste, à Angoulême.
Son corps fut transporté à Angoulême, où les funérailles se firent avec une grande magnificence. Il fut inhumé dans la chapelle, dite de Notre-Dame du Salut, ou de Saint-Gelais, que son frère Jacques fit construire pour lui. Elle paraît n'avoir été terminée qu'en 1533. Elle fut écrasée sous les débris du grand clocher, incendié et ruiné par les protestants en 1568.
5) Charles. Il naquit en 1461 et décéda en 1533.
Il fut chanoine d'Angoulême et archidiacre d'Azenay (Luçon). Il fonda en 1516 l'hôpital des pestiférés de Saint-Roch, à Angoulême.
(L'inscription qu'on lit au dessus de la porte de la chapelle, et qui attribue la fondation de cet hôpital à Elie Levêquot, sieur des Doucets, maire d'Angoulême en 1536 et 1537, ne peut se rapporter qu'aux réparations qu'il y fit faire, mais nullement à sa première construction. En vertu de son testament du 18 juillet 1532, Charles de Saint-Gelais légua à cet hospice une rente de 12 pipes de froment.)
Il a publié un livre fort recherché des bibliophiles, et intitulé : "Les magnifiques, excellentes et triomphantes chroniques de Judas Machabeus et de ses frères, translatées de latin en françois". (Paris, 1514, in-fol; 1518, in-fol; et 1556, in-8°).
Il fut lui aussi inhumé, on ne sait à quelle époque, dans la chapelle Saint-Gelais, vis à vis de ses frères Jacques et Octavien.
6) Alexandre, qui suit :

V) de SAINT-GELAIS de LUSIGNAN Alexandre, seigneur de Romefort, conseiller de Louis XII, ambassadeur en Espagne. Il épousa Jacquette Andron, dame de Lansac.
Il décéda en 1522.
Ils avaient eu pour fils :

VI) de SAINT-GELAIS de LUSIGNAN Louis, seigneur de Lansac et de Précy sur Oise, chevalier du Saint-Esprit, chevalier d'honneur de Catherine de Médicis, conseiller d'Etat, baron de la Mothe Saint-Héray. Il épousa en premières noces en 1545, Jeanne de La Rochechandry, dame de Vernon, fille de Philippe, seigneur de la Rochechandry; puis en secondes noces le 8 octobre 1565 Gabrielle de Rochechouart, fille de François, seigneur de Mortemar.
(Il décorait ses armes de la figure de Mélusine, qu'il avait adopté pour cimier.)
Il décéda en octobre 1589, âgé de 76 ans.
Il eut de son premier mariage :
  1) Guy, qui suit.
2) Claude, ou Claudine, mariée avec Charles, comte souverain de Luxe, morte sans héritiers.
Louis eut de son second mariage :
3) Charles, sieur de Pressy, décédé en 1586.
4) François
, qui fut prieur de Saint-Lô.
5) Claude, dame de Laye, en Béarn.
6) Urbain, bâtard de SAINT-GELAIS, né en 1541. Il devint évêque de Cominges, le 26 juin 1570. Il décéda le 5 février 1613, à Alan (Haute-Garonne).

VII) de SAINT-GELAIS de LUSIGNAN Guy, seigneur de Lansac, chevalier de l'ordre du roi, capitaine de cinquante hommes d'armes, ambassadeur en Pologne.
Il se maria, par contrat du 4 août 1571 avec Antoinette Raffin, fille et héritière de François, seigneur d'Azay le Rideau, et de Nicole Leroy-Chavigny, dame de Balon.
Il décéda en 1622
Il fut père de :
  1) Jeanne, qui décéda sans alliance.
2) Alexandre, tué au siège de La Fère, en 1596, à l'âge de 22 ans.
3) Artus, qui suit.

VIII) de SAINT-GELAIS de LUSIGNAN Artus, seigneur de Lansac, marquis de Balon, (Ballan ?), conseiller d'Etat. Il épousa en 1601 Françoise de Souvré, fille aînée de Gilles, marquis de Coutenvaux, maréchal de France.
Ils eurent pour enfants :
  1) Françoise, qui épousa Louis de Prie, marquis de Toucy. Il décéda avant elle.
2) Gilles, qui suit.

IX) de SAINT-GELAIS de LUSIGNAN Gilles, seigneur de Lansac, et marquis de Balon.
Il fut blessé à mort au siège de Dole, le 30 juillet 1636.
Il n'eut que 2 filles de ses deux alliances avec Françoise Bouquet du Croissy, et Marie de Vallée-Fossez, qui furent :
  1) N., qui épousa Henri-François, marquis de Vassé.
2) Magdeleine, qui épousa Charles, duc de Créquy.

Noms isolés :
- de SAINT-GELAIS Charles, évêque de d'Elne (Perpignan), le 8 août 1470. Il décéda après 1475.
- de SAINT-GELAIS Marie, épousa le 20 août 1481 Jean de Livenne. Ils eurent pour enfants : Charles, René, François, et Jean.
- de SAINT-GELAIS Baud, chevalier, sieur de Ciré et de la Trenchade, 1489.
- de SAINT-GELAIS Guynot, écuyer, sieur de la Trenchade, 1503.
- de SAINT-GELAIS Charlotte. Elle épousa en 1508, Jean Regnauld, chevalier, seigneur de Saint-Mary, l'Age-Bertrand, Maumont, Scée, Vitrac, etc... (Site Internet deM. Drioux : http://perso.club-internet.fr/driout/HASTELET.htm )
- de SAINT-GELAISAntoine, écuyer, sieur de la Trenchade, 1518.
- de SAINT-GELAIS Loys, écuyer, sieur de la Trenchade, 1524.

L'intérieur de la chapelle Saint-Gelais tel qu'il devait être avant son anéantissement.
L'intérieur de la chapelle Saint-Gelais tel qu'il devait être avant son anéantissement.
le pignon au "singe laid"
Le pignon au "singe laid".

- Abbé Joseph Nadaud : Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges.
- Abbé Tricoire : Le château d'Ardenne.
- Abbé Mondon : Notes historiques sur la baronnie de Marthon.
- Etienne Barth : Le canton de Barbezieux au temps passé.
- Eusèbe Castaigne : Notes sur les Saint-Gelais.
- Henri Jougla de Morenas : Grand Armorial de France.
- Abbé Michon : Statistique monumentale de la Charente.

- Jean Nanglard : Pouillé historique du diocèse d'Angoulême.
- Sophie Muller : Patrimoine de l'Angoumois, l'ancien évêché d'Angoulême, la chapelle Saint-Gelais.
- Beauchet et Filleau : Dictionnaires des familles de l'ancien Poitou.
- Le Père Anselme : Histoire de la maison royale de France.
- Jean-Jacques Lartigue : Dictionnaire et armorial de l'épiscopat français (1200-2000).
(*) site Internet de la famille Gros Jolivalt : http://www.gros.nom.fr/pag54.htm
(*1) site Internet Casteland : http://www.casteland.com/pfr/chateau/poitou/2sevres/cherveux/cherveux_histoire.htm
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